dimanche 9 août 2009

Statines: intérêt du Coenzyme Q10?

Plusieurs millions de français prennent un traitement hypocholestérolémiant et l'immense majorité une statine.
Dans de nombreux cas l'indication est erronée car les patients n'ont pas suivi un régime méditerranéen strict et arrêté de fumer. C'est pourquoi bien qu'ils prennent une statine l'efficacité n'est pas celle que l'on observe dans les études où ces recommandations sont suivies à la lettre.
Par ailleurs ceux qui bénéficient le plus des statines sont les patients dits symptomatiques c'est à dire qui ont un athérome coronaire, carotidien ou des membres inférieurs qui entraîne des symptômes. Chez ces patients les statines sont efficaces pour éviter une récidive, c'est la prévention secondaire. En revanche l'efficacité est beaucoup plus faible quand il s'agit de patients asymptomatiques.

Statines et CoEQ10
Les statines diminuent le taux de Coenzyme Q10 de part leur mécanisme direct d'action au niveau moléculaire. Ceci est connu depuis 1993 au moins:

Plasma coenzyme Q (Ubiquinone) concentrations in patients treated with simvastatin. WATTS G. F. (1) ; CASTELLUCCIO C. ; RICE-EVANS C. ; TAUB N. A. (1) ; BAUM H. ; QUINN P. J. ;
(1) St Thomas's hosp., dep. endocrinology chemical pathology public health medicine, London SE1 7EH, ROYAUME-UNI
Plasma coenzyme Q (CoQ) was measured in 20 hyperlipidaemic patients treated with diet and simvastatin (an inhibitor of 3-hydroxy-3-methylglutaryl coenzyme A (HMG CoA) reductase); 22 hyperlipidaemic patients treated with diet with alone; and 20 normal controls. Patients treated with simvastatin had a significantly lower plasma CoQ and CoQ: cholesterol ratio than either patients receiving diet alone or normal controls. Use of simvastatin was inversely and independently correlated with both CoQ (p<0.0001) style="font-size: 12px; font-weight: bold; margin-top: 6px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; ">Revue / Journal TitleJournal of clinical pathology ISSN 0021-9746 CODEN JCPAAK. 1993, vol. 46, no11, pp. 1055-1057 (10 ref.)

De plus les muscles des patients sous statines ont moins de mitochondries et il semble qu'elles soient beaucoup moins actives.

Les statines entrainent des effets secondaires non négligeables.

En dehors de la rhabdomyolyse rare il y a des myalgies assez invalidantes qui surviennent dans au moins 10% des cas.


Decreased skeletal muscle mitochondrial DNA in patients treated with high-dose simvastatin. SCHICK B. A. (1) ; LAAKSONEN R. (2) ; FROHLICH J. J. (1) ; PÄIVÄ H. (3) ; LEHTIMÄKI T. (4) ; HUMPHRIES K. H. (5) ; COTE H. C. F. (1) ;

(1) Department of Pathology & Laboratory Medicine, University of British Columbia, Vancouver, British Columbia, CANADA

(2) Research Unit, Tampere University Hospital, Tampere, FINLANDE
(3) Department of Internal Medicine, Tampere University Hospital, Tampere, FINLANDE
(4) Department of Clinical Chemistry and Laboratory of Atherosclerosis Genetics, Centre for Laboratory Medicine, Tampere University Hospital, Tampere, FINLANDE
(5) Department of Cardiology, University of British Columbia, Vancouver, British Columbia, CANADA

Statins are generally well tolerated, but can cause myopathy1 and have been associated with mitochondrial abnormalities.2-6 The aim of this study was to determine whether muscle mitochondrial DNA (mtDNA) levels are altered during statin therapy. We retrospectively quantified mtDNA in 86 skeletal muscle biopsy specimens collected as part of a previously published7 clinical trial of high-dose simvastatin or atorvastatin versus placebo. Clinical pharmacology and therapeutics ISSN 0009-9236 CODEN CLPTAT. 2007, vol. 81, no5, pp. 650-653 [4 page(s) (article)] (20 ref.)


Sur le plan musculaire lisse aucune étude n'a montré d'anomalie liée aux statines. Par contre il
semble que le myocarde, muscle syncitial, soit particulièrement sensible au déficit en CoE Q10. Une aggravation de l'insuffisance cardiaque ou bien même son apparition sont possibles. Alors que l'action du CoE Q10 en supplément par voie orale n'a pas est prouvé sur les myalgies, une amélioration de l'insuffisance cardiaque est apparemment possible en associant le CoE Q10 aux statines chez les patients atteints d'athérome symptomatique en prévention secondaire avec une CRP US élevée et en associant un régime méditerranéen bien conduit.

E. Okello et al. / Medical Hypotheses 73 (2009) 306–308

Recommendation actuelle:
-Discuter avec votre médecin de l'opportunité d'une supplémentation en CoE Q10 si vous êtes en insuffisance cardiaque et sous statines
-L'association de CoE Q10 ne diminue pas l'action des statines, il y a très peu d'effets secondaires connus à l'administration orale de CoE Q10
-Augmenter les sources d'apport naturel de CoEQ10, le Coenzyme Q10 est retrouvé dans:
les amandes et autres oléagineux
le saumon sauvage
les sardines, harengs
les épinards
les abats, foie et coeur.
les produits laitiers et les céréales en contiennent très peu.
-les doses recommandées sont: 100 mg/j



Voici les résultats d'une étude sur le CoE Q10 dans l'insuffisance cardiaque.
Résultats d'une étude récente après 12 semaines de CoE Q10 à 100mg/j chez l'insuffisant cardiaque sous statines (étude non randomisée):

INCLUSION 12 WEEKS

EJECTION FRACTION(%) témoins: 24.7%(range 17-40); sous CoEQ10: 29.2%(18-44)*

WALKING DISTANCE (m) témoins: 105.2+/-23 ; sous CoEQ10:153.8+/-37*

KARNOFSKY SCALE (%) témoins: 57.7(40-69) ; sous CoEQ10: 63.2 (49-74)*

*p<0.05

Ces résultats sont communiqués avant publication grace à l'aimable autorisation du Dr G. Belcaro.

vendredi 31 juillet 2009

Bio: de l'argent pour rien? Is organic worth it?




L'agriculture biologique dans ses différentes formes nationales essentiellement règlementaires est tout simplement l'agriculture qui se pratiquait il y a moins de cent ans dans nos campagnes. Fumures à l'aide de compost végétal ou de déjections animales compostées, eau en fonction des possibilités mais avec des limites énergétiques certaines, biocides limités au soufre, la bouillie bordelaise et d'autres procédés phytochimiques sans molécules chimiques de synthèse. Donc rien de nouveau sauf les améliorations de semences, de rendement rendus possibles par des techniques de protection des insectes par voile ou piège phérormonal, des fumures plus élaborées de même que certains traitements par substances phytochimiques qui n'étaient pas disponibles à cette époque et qui sont produits industriellement aujourd'hui. Voilà pour l'agriculture. En revanche pour l'élevage la situation est très différente. En effet la qualité de la viande et du lait est directement liée à l'alimentation de l'animal. En gros deux types d'élevage: l'extensif herbeux et l'intensif aux céréales principalement le maïs. Que le maïs soit bio ne change rien à sa composition en acides gras en particulier.
"This review of corn oil provides a scientific assessment of the current knowledge of its contribution to the American diet. Refined corn oil iscomposed of 99% triacylglycerols with polyunsaturated fatty acid (PUFA) 59%, monounsaturated fatty acid 24%, and saturated fatty acid (SFA) 13%. The PUFA is linoleic acid (C18:2n-6) primarily, with a small amount of linolenic acid (C18:3n-3) giving a n-6/n-3 ratio of 83. "
Ainsi le rapport W6/W3 du maïs est de 83. On retrouvera bien sur la même proportion dans toute les graisses polyinsaturées puisqu'il s'agit d'acides gras essentiels. En revanche pas d'acides gras conjugués ni dans la graisse ni dans le lait. En revanche l'animal qui pâture va avoir un rapport W6/W3 d'environ 1 ou même inférieur et un taux significatif d'acides gras conjugués (essentiellement ruménique) dans ses tissus ou dans le lait. Il n'est pas nécessaire d'insister sur l'importance de diminuer notre rapport W6/W3 dans l'alimentation industrielle. C'est pourquoi le bio dans ce cas n'est pas un gage de valeur nutritionnelle supérieure. Il vaudra mieux consommer un animal élevé à l'herbe et non certifié bio qu'un animal bio élevé au maïs. Bien sur en cherchant un tout petit peu on trouvera des éleveurs bio en extensifs comme ceux de Nature et Progrès. On pourra aussi se faire livrer de la viande de demi-montagne comme la Rosée des Pyrénées dont certains éleveurs sont en bio ou bien d'autres appellations régionales sur lesquelles nous reviendrons.
Alors le bio est il nutritionnellement supérieur?
Cette question agite les médias depuis longtemps. Elle a connu un nouveau développement depuis une étude récente de la London School of Tropical Hygiene.
Comme je l'ai introduit plus haut il est important de sérier les sujets.

S'agissant des produits de l'agriculture c'est à dire des fruits et légumes et de leurs préparations, la situation est simple: un produit bio venant de loin est probablement plus pauvre en vitamines qu'un produit non bio cueilli le jour même. Mais le produit non bio récemment cueilli contient des résidus de plusieurs biocides, a poussé avec des engrais chimiques et a été puissamment arrosé ce qui a pour résultat de diluer votre achat au kilo. Achetez donc du bio local ce qui vous permettra de faire baisser (en général) le prix de revient et de bénéficier des meilleures garanties nutritionnelles. Pour autant le bio en intensif dans de grandes exploitations, s'il ne contient pas de biocides perd une partie de la densité nutritionnelle que l'on peut retrouver dans les petites fermes. Cela se sent assez bien en général au niveau du goût. Enfin n'oubliez pas l'effet règlementation. Plusieurs pays n'ont interdit les pesticides persistants comme la dieldrine que très récemment et plusieurs pays en voie de développement sont l'exutoire des stocks restants. Encore une fois le local est probablement plus sur. Je sais c'est très protectioniste mais on n'est pas obligé de partager les risques!

S'agissant de l'élevage et des produits laitiers je maintiens que l'utilisation en France comme ailleurs, dans l'élevage non bio d'antibiotiques, de farines végétales chargées en pesticides ou en dioxine voire en métaux lourds ce qui concentre ces xénobiotiques dans la graisse de l'animal ou dans le lait n'est pas favorable à la santé. J'ai aussi des doutes sur l'utilisation persistante d'hormones, c'est un fait pour le lait (prolactine) mais c'est aussi avéré pour l'hormone de croisssance. Il est donc tout à fait utile de diminuer les risques d'exposition chronique à ces xénobiotiques ou ces perturbateurs hormonaux en achetant de la viande biologique. Simplement il est important de rechercher outre le caractère biologique des critères d'élevage à l'herbe et de non finissage au grain. La viande est plus maigre plus goûteuse et je l'ai exposé plus haut les acides gras poly-insaturés plus favorables à la santé. Le lait et les fromages sont plus riches en oméga 3 et en acides gras conjugués deux types d'acides gras que l'alimentation industrielle a complètement éliminés! Une forme de dysnutrition en acides gras qui n'est pas neutre dans la survenue des maladies chroniques de civilisation.

En conclusion le bio est le plus souvent plus gouteux, plus riche en matière séche et s'agissant des produits animaux moins contaminé par les antibiotiques, hormones et autres produits pharmaceutiques. De plus les graisses poly-insaturées sont différentes dans le bio extensif à l'herbe.
Pour autant, il est préférable de manger des fruits et légumes crus non bio que des produits industriels bio! Ces choix sont essentiels nous y reviendrons.

References
3/ J Am Coll Nutr. 1990 Oct;9(5):438-70.Food uses and health effects of corn oil. Dupont J, White PJ,Carpenter MP, Schaefer EJ, Meydani SN, Elson CE, Woods M, Gorbach SL. Food and Nutrition Science Consulting, Fort Collins, CO 80524.
4/ Adresse de la Rosée des Pyrénées
5/ Eleveur bio en extensif: Mr Leseney: marc.leseney@club-internet.fr
Ferme de 150 hectares, en bio depuis 1982. Troupeau de 50 vaches.
6/ Eleveur bio en extensif: Mr Castex l'Isle en Dodon

mercredi 29 juillet 2009

Dysnutrition: qu'est ce que c'est? What is dysnutrition?

La pandémie d'obésité, de diabète type 2 et de maladies associées mérite une analyse sérieuse des causes nutritionnelles et d'habitudes de vie.
Un certain nombre d'assertions de la diététique officielle sont prises en défaut:
-manger équilibré
-faire trois repas par jour
-manger un produit laitier par jour etc.
Pourquoi?
Parce que ce qui caractérise notre prise alimentaire c'est une dysnutrition généralisée qui a pour origine l'abondance de produits transformés très éloignés des aliments naturels.
Ainsi pour ceux qui consomment 90% voire 100% de produits transformés une série de différences mineures et majeures affectent leur régime alimentaire. Ces différences sont tout d'abord une densité calorique supérieure aux aliments naturels si bien qu'il faudrait une ration énorme d'aliments non transformés pour ingérer autant de calories.
Ensuite c'est essentiellement la dérive vers des hydrates de carbone rapides et une charge glycémique trop importante. Enfin la transformation écarte, détruit ou dilue les micronutriments et les constituants non alimentaires des aliments principalement les vitamines, phytonutriments, oligoéléments et fibres non digestibles.
Le résultat est un cocktail calorique, pauvre en micronutriments et chargé en hydrates de carbone rapide et graisses facilement assimilables.
Cela ressemble à un repas mais c'est une somme de produits.
Les conséquences sont très rapides et précoces: prise de poids stockage de graisse viscérale et maladies associées.
Voilà pourquoi le substantif approprié n'est pas malnutrition, sousnutrition, mais dysnutrition du préfixe dys qui signifie mauvais état de la nutrition.
En caractérisant ainsi la nutrition de ces 50 dernières années on introduit ipso facto une réflexion sur l'agriculture, l'élevage et les agro-industries. Parler de dysnutrition c'est introduire une vision évolutionniste de la médecine, c'est analyser les causes du fossé entre notre génomique et l'alimentation actuelle.

mercredi 22 juillet 2009

Aquaculture: nouveaux risques pour l'humain Fish farming and human health risks























Voici plusieurs années j'attirai l'attention du public sur les risques de l'aquaculture industrielle concernant le Saumon (Saumon le roi déchu: Guide Gault et Millau).
Cette dernière comme beaucoup d'aventures agro- industrielles ne contrôle pas les intrants ni les effluents. Le résultat est un poisson morphologiquement ressemblant mais une composition différente; les poissons sont beaucoup plus gras, contiennent moins d'anti-oxydants et la composition des acides gras poly-insaturés est différente. Le fish farming est pourtant soutenu par de nombreux scientifiques et certaines associations qui se prétendent écologistes au motif que cette industrie permettrait d'épargner les ressources halieutiques.
A cette époque le monde et en particulier l'Europe a connu l'épidémie de vache folle, une variante du Creutzfeld Jacob et les suites que l'on connaît.
Mais très tôt nous savions que la production de "farines" animales n'étant pas arrêtée dans le monde, ces "farines" sont vendues à des acheteurs qui les valorisent en particulier dans l'aquaculture. En réalité les "farines" animales sont des poudres de carcasses d'animaux d'élevage cuites à haute température et broyées. La maladie de la vache folle est liée à l'ingestion par les bovins et ensuite par les humains de protéines modifiées par cette cuisson. Bien évidemment sur des arguments scientifiques très minces il a été argué d'une barrière d'espèce "infranchissable" dans le cas de l'aquaculture. On ne sait pas trop où on en est sur le plan mondial. En particulier l'aquaculture pratiquée dans les pays peu surveillés utilise certainement des farines animales. Les crevettes sont probablement les plus concernées. Mais les poissons carnivores sont aussi consommateurs de farines animales et les contrôles même dans les pays développés ne sont que des contrôles!
Plus récemment des doutes se sont exprimés sur cette barrière. Il s'agit d'un sujet particulièrement complexe car de nombreuses incertitudes persistent sur la pathogénie de ces maladies liées à une structure tridimensionnelle anormale de certaines protéines.
Robert P. Friedland de l'université de Louisville dans le Kentucky attire l'attention sur la possibilité de transmission à l'homme de protéines anormales via le poisson d'élevage.
Le débat est donc ouvert.
Conclusion:
- consommer des poissons sauvages est encore possible, préférons les
- l'aquaculture est très mal contrôlée et source de pollution majeure, elle ne résout pas les problèmes des réserves halieutiques
- l'exploitation raisonnée est possible pour certaines espèces tandis que pour d'autres (morue par exemple) il faut suspendre la pêche, c'est un défi de gouvernance mondiale, grâce à la technologie la surveillance est possible. Pourtant les gouvernements sont très peu enclins à s'entendre, ils rechignent à réguler alors qu'ils en ont tous les moyens, obéissant aux lobbies de la pêche industrielle tout en faisant profession de foi écologiste. Cette régulation va donc se faire par la pénurie qui fera disparaître la pêche pour un certain nombre d'années.

Références
1/ Robert P. Friedland1, Robert B. Petersen2, Richard Rubenstein3
1Department of Neurology, University of Louisville School of Medicine, Louisville, KY, USA2Departments of Pathology and Neuroscience, Case Western Reserve University School of Medicine, Cleveland, OH, USA3Department of Biochemistry, State University of New York, Downstate Medical Center, Brooklyn, NY, USA
Abstract
Dietary consumption of fish is widely recommended because of the beneficial effects of omega-3 polyunsaturated fatty acids on the risks of cardiovascular and Alzheimer's diseases. The American Heart Association currently recommends eating at least two servings of fish per week. We are concerned that consumption of farmed fish may provide a means of transmission of infectious prions from cows with bovine spongiform encephalopathy to humans, causing variant Creutzfeldt Jakob disease.


Cliquer sur l'image pour voir les détails des plaques cérébrales.

mardi 21 juillet 2009

Dépendance avec les Inhibiteurs de la pompe à proton? Do Proton-Pump Inhibitors induce hyperacidity rebound and dependance?








Les dépenses de soins et non de santé sont très importantes. Economiquement cela s'explique par la gratuité qui permet le remboursement sans limite de tout bien ou service proposé par l'industrie du soin et prescrit par un médecin. Mais la gratuité n'explique pas tout, certains autres facteurs et en particulier toutes les formes de dépendance vis à vis du thérapeute ou du médicament sont d'authentiques aliénations intérieures!
On estime à 30% minimum la part des dépenses inutiles, inefficaces, délétères ou évitables.
Dans le même temps l'alimentation s'est dégradée conduisant à une dysnutrition majeure et à l'explosion des maladies chroniques dites de "civilisation".
Pourtant notre espérance de vie s'est améliorée grâce à l'hygiène, l'abondance alimentaire, l'eau potable, la chute de la mortalité néonatale et des crimes ou accidents. Actuellement et dans les années à venir les différents modèles prédisent une stagnation voire une régression de l'espérance de vie.
Précisément parce que le système de soins a peu d'influence sur notre espérance de vie, ce sont les facteurs modifiables comme l'exercice physique, la nutrition, l'environnement et le statut socioprofessionnel qui sont des déterminants puissants de l'espérance et de la qualité de vie. Pire le système de soins actuellement très mal géré est à l'origine de complications et d'effets délétères nombreux et méconnus car insuffisamment analysés ou rapportés, les médicaments y sont fréquemment impliqués.

Parmi les médicaments les plus prescrits il y a les anti-acides de nouvelle génération appelés inhibiteurs de la pompe à proton. Cette appellation publicitaire a fait fureur! Qui ne prend pas des IPP? Peu de ceux qui se rendent à l'hôpital ou en clinique si l'on en juge par les ordonnances du traitement en cours à l'arrivée du patient. Le chiffre est effarant: 5% de la population des pays développés est sous IPP! Mais est-ce utile? Et finalement n'est ce pas délétère?
Il est établi tout d'abord qu'il y a un rebond d'acidité après l'arrêt, phénomène classique en physiologie. Ceci est bien évidemment ressenti par le patient qui en redemande avec succès le plus souvent. On ne prescrit plus pour traiter la pathologie initiale mais celle induite par le médicament anti-acide.
Ensuite il est de plus en plus certain que ce blocage d'acidité est lui-même à l'origine de complications en particulier infectieuses, oui l'acidité est un puissant antiseptique gastrique et même si nous ne mangeons plus beaucoup de bactéries il y en a quand même et elles sont parfois très dangereuses car les animaux consommés ou les humains qui préparent notre alimentation prennent des antibiotiques rendant ces bactéries résistantes et très pathogènes.
Ainsi les patients deviennent dépendants au bout de huit semaines de traitement. Voilà une explication intéressante de la surprescription des IPP! Et de surcroît ces mêmes patients sont beaucoup plus susceptibles de faire une infection respiratoire que ceux qui ne prennent pas d'IPP.
Conclusion:
1/ une nutrition naturelle avec des plats très peu transformés, une diminution ou une suppression du café torréfié et du tabac sont les piliers incontournables de la prise en charge de ces patients.
2/ il y a des alternatives non médicamenteuses aux IPP: les préférer
3/ si on prend des IPP ne pas atteindre les huit semaines parait raisonnable
4/ il est curieux que ce fameux rebond et ses conséquences n'ait pas été mieux documenté dans les études cliniques initiales. Le risque de dépendance doit être systématiquement recherché avec tout médicament. C'est bizarre et il y a deux entités impliquées: les laboratoires pharmaceutiques et les agences du médicament. Et n'oubliez pas que supprimer la sécrétion acide physiologique de l'estomac en cas de reflux gastro-osophagien est un non sens: on ne traite pas la cause!

Références
1/ Gastroenterology. 2009 Jul;137(1):80-7,
Proton-pump inhibitor therapy induces acid-related symptoms in healthy volunteers after withdrawal of therapy.

Reimer C, Søndergaard B, Hilsted L, Bytzer P.

2/ Gastroenterology. 2009 Jul;137(1): editorial
3/ une étude non randomisée peu probante:
Valkhoff, Vera E et al,
Adherence to gastroprotection during cyclooxygenase-2 inhibitor use and the risk of upper gastrointestinal events: A population-based study,  Arthritis & Rheumatism, 1529-0131, http://dx.doi.org/10.1002/art.34433,  2012




But science needs controversy...
http://www.medpagetoday.com/MeetingCoverage/AHA/35861?