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samedi 21 janvier 2012

Comment un antibiotique donnés aux animaux produit des résistances pour d'autres antibiotiques

http://www.pnas.org/content/early/2012/01/11/1120238109.full.pdf+html

"Some enriched genes,
such as aminoglycoside O-phosphotransferases, confer resistance
to antibiotics that were not administered in this study, demonstrating
the potential for indirect selection of resistance to classes of
antibiotics not fed."

samedi 26 décembre 2009

Achetez bio mais peut être pas tout! What can you eat from conventional agriculture?

Acheter bio est un surcoût très important qui ne s'explique que partiellement par un rendement plus faible. L'essentiel du surcoût est lié au faible volume de production et donc à la surface agricole en bio qui est très faible en France, à un manque crucial de concurrence, à un défaut de production locale.
Si vous êtes dans un endroit où il n'y a pas de magasin biologique, ces fruits et légumes sont ceux qui ont le moins de résidus de pesticides:

Brocoli Aubergine Choux Banane
Kiwi Asperge Petits pois
Mangue
Ananas Maïs doux
Avocat Oignon


Ces fruits et légumes en conventionnel ont la plus forte charge de pesticides! Achetez bio où attendez!



Pêche Pomme Poivrons rouge doux Céleri

Nectarine Fraise Cerise Laitue

Raisin Poire Epinard Pomme de terre

Que retenir?

Les résidus de pesticides représentent un danger pour la santé et les contrôles ne sont faits que sur certains échantillons. Ce que les contrôles ont montré dans la CEE c'est que les poivrons rouges doux en conventionnels contiennent souvent des taux de pesticides supérieurs à la limite autorisée. De même pour les fraises. Ces cultures sont dépendantes des pesticides en conventionnel comme les pêches ou bien les pommes. Si vous voulez croquer une pomme il faut faire l'effort financier de l'acheter bio ou de planter son pommier.
ce qui est aussi important c'est que pour nos générations l'impact sur la santé des pesticides est beaucoup plus préoccupant que celui du CO2. Il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas. Des photographies ou des reportages menés à grands frais sont régulièrement présentés à l'appui des thèses environnementales sur le CO2 mais les effets délétères des pesticides sont beaucoup plus difficiles à mettre en scène si tenté que les médias s'y intéressent. Il est vrai qu'il est plus facile de culpabiliser les automobilistes et de taxer le carbone que de modifier nos process de production agricole et d'affronter le lobby des chimistes et de leurs syndicats de patrons et d'employés. Pourtant les faits sont là, les pesticides sont des disrupteurs hormonaux ce qui a des conséquences en terme de cancérogénèse sur les tissus hormonosensibles (sein, prostate), altèrent la qualité du sperme , augmentent le taux de fausse couches et donc les capacités de reproduction, favorisent les maladies neurodégénératives. Cela concerne les agriculteurs, leur famille et les consommateurs de fruits et légumes mais aussi l'eau, l'air et notre niche environnementale en général. Nous sommes aussi responsable d'une pollution chimique importante celle de médicaments jetés dans les eaux usées, de notre urine ou de nos selles lorsque nous ingérons des médicaments de celles des animaux d'élevage conventionnel massivement traités aux antibiotiques etc...
Et n'oublions jamais que l'agriculture aux pesticides n'a commencé qu'après la deuxième guerre mondiale il y a 65 ans. Le bio n'est pas nouveau, n'est pas snob, n'est pas irrationnel c'est tout simplement ce que nous avons fait depuis les sumériens qui développèrent l'agriculture et l'élevage 5000 ans avant Jésus Christ dans le croissant fertile! 6945 ans d'agriculture bio par nécessité et 65 ans d'agriculture chimique, chacun peut juger.

jeudi 12 mars 2009

Porc en batterie: les risques des antibiotiques (Industrial pigs: the danger of antibiotics)

Les porcs élevés en batterie deviennent porteurs de redoutables staphylocoques car l'utilisation extensive des antibiotiques favorise les résistances.
Ces bactéries résistantes sont transmissibles à l'être humain. Il s'agit principalement de staphylocoques dorés méthicillinorésistants à l'origine d'infections pouvant être mortelles. Le porc est un animal fouineur, omnivore qui se nourrit dans la nature de nombreux aliments végétaux feuilles, racines, alors qu'en batterie les porcs ou les truies se nourrissent de farines maintenant végétales qui sont essentiellement constituées de maïs et de soja. Les conditions d'élevage en batterie dépriment l'immunité et la promiscuité accroît le risque d'épidémie. Dans ces conditions les éleveurs utilisent largement les antibiotiques. Les porcs peuvent ensuite devenir porteurs sains de bactéries devenues résistantes aux antibiotiques utilisés comme la rovamycine ou d'autres. Deux impacts, l'un pour les consommateurs de cette viande car la contamination par ces vbactéries est possible malgré les précautions de surveillance et les test effectués avant et après l'abattage, l'autre est celui des effluents qui contiennent des antibiotiques et rejoignent les nappes phréatiques et in fine l'eau de boisson.  Les bactéries résistantes présentes dans les effluents seront en pratique éliminées par le traitement de l'eau de boisson mais pas en cas de puits à proximité. Ces aspects sont extrêment importants en matière de santé publique et de nombreux travaux y sont consacrés.
Une des solutions passe par les consommateurs qui peuvent choisir de consommer du porc élevé en liberté, du porc de l'agriculture biologique. La viande est plus chère, car les rendements sont moindres mais aussi parce que les circuits de distribution sont très couteux dans ces filières avec une concurrence faible. En effet ces porcs coutent plus en main d'oeuvre mais rien en antibiotiques, et moins en céréales car on peut les nourrir avec différents grains produits sur la propriété. Un des moyens est de rester local et de consommer local. dans notre pays il n'est pas de département où l'on puisse trouver une telle production hormis les centre villes. Toutefois j'en conviens trouver les adresses n'est pas aisé. Pour autant notre consommation de viande étant pour la majorité d'entre nous trop importante au regard de nos besoins et cette viande étant très riche en acides gras oméga 6 en raison des conditions d'alimentation industrielle des animaux (porcs mais aussi ovins et bovins)  le changement vers des animaux élevés en grande partie en liberté et sans antibiotiques est très bénéfique sur le plan de la santé. Une diminution des quantités ingérées au profit de la qualité doit être comprise et acceptée.
Une autre solution passe par une révision des politiques publiques d'aide à l'agriculture et à l'élevage industriel. Aujourd'hui l'argent public continue à être distribué à ces élevages industriels, réduisant artificiellemnt les coûts de production et faussant la concurrence avec les élevages traditionnels. De surcroît la pollution en aval est "payée par la collectivité" ce qui une fois de plus abaisse le coût de ce type d'élevage. Les politiques dans leur choix ont été largement influencés par les lobbies dont celui des céréaliers, des transformateurs de céréales en farines, des bouchers industriels producteurs de viande transformée, tous grands acteurs de l'agrobusiness. Ce modèle a dépassé ses limites et il est naturel que l'argent public ne soit plus distribué à cette industrie. La politique de neutralité fiscale (pas d'aides) et l'exigence de traiter les effluents y compris pour les molécules comme les antibiotiques renchérirait significativement ce type de production et en sonnerait le déclin. Une politique de taxation sur les effluents n'améliorerait pas la situation car elle reporterait sur les stations d'épuration la tâche impossible de traiter le problème.
références
1/ High prevalence of methicillin resistant Staphylococcus aureus in pigs, A.J. de Neeling, M.J.M. van den Broek, E.C. Spalburg, M.G. van Santen-Verheuvel, W.D.C. Dam-Deisz, H.C. Boshuize,
A.W. van de Giessen, E. van Duijkeren, X.W. Huijsdens: Veterinary Microbiology 122 (2007) 366–372

mardi 10 mars 2009

Oeuf et cholestérol (Egg and blood cholesterol)

L'oeuf de poule cru est un excellent aliment très digeste et très gouteux. 
Gobez vos oeufs vous saurez s'ils sont bons! Si vous percevez un goût de poisson ou bien si le blanc et le jaune sont fades changez de fournisseur ou de marque. La différence entre oeuf bio et non bio vaut le coût mais les oeufs bio ne contiennent pas assez d'oméga 3 car les poules mangent trop de maïs ... bio. Les oeufs les plus adaptés à notre organisme sont en général pas très gros, de poules élevées en plein air et avec une apport très limité en grains riches en oméga 6 tels que le maïs. On peut connaître le mode de production des oeufs par un code inscrit sur la coquille (1).

La question souvent posée c'est bien sur: combien puis je manger d'oeufs par semaine sans augmenter mon cholestérol? 
Il est évident que la réponse est factuelle c'est à dire qu'elle ne préjuge en rien des liens entre le cholestérol alimentaire et des maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires. Il est établi qu'il est plus athérogène de consommer des biscuits à la farine blanche et à la graisse végétale hydrogénée même partiellement que du cholestérol alimentaire. La réponse à la question de l'incidence de la consommation d'oeufs sur le cholestérol sanguin a été apportée par David L. Katz et coll (2), a raison d'un oeuf par jour au petit déjeuner il n'y a pas de modification du cholestérol total ou bien des fractions du cholestérol des HDL ou des LDL. Et n'oubliez pas il y a aussi des oeufs de canne, de dinde, d'autruche, de caille.

L'oeuf cuit est il aussi bon sur le plan nutritionnel?
Assurément non. Tout d'abord si l'oeuf est à la coque et que la température de cuisson est basse les protéines du blanc seront peu modifiées mais le seront quand même, les vitamines conservées. Ensuite si l'oeuf est frit la vitamine E sera détruite ce qui est regrettable car l'oeuf est une excellente source de vitamine E naturelle. De même la friture produit des graisses hydrogénées à partir de l'huile et de l'acrylamide substance pro-inflammatoire.

Voilà c'est simple car la science a un bon côté: une expérience bien faite dans un journal qui vérifie ses publications est une des meilleures assurances que l'on puisse avoir.



Références

1/ Pour identifier le type d’élevage, le code écrit en petits caractères sur chaque œuf est le suivant:- chiffre '0' : œufs de poules élevées en plein air (les volailles peuvent se déplacer librement, sur une surface correspondant à un minimum de 4 m2 de terrain extérieur par poule) selon un mode d’alimentation biologique
- chiffre '1' : œufs de poules élevées en plein air (les volailles peuvent se déplacer librement, sur une surface correspondant à un minimum de 4 m2 de terrain extérieur par poule)
- chiffre '2' : œufs de poules élevées au sol (élevage intensif où les poules vivent à l’intérieur au sol, sans cage, avec un maximum de 9 poules par m2)
- chiffre '3' : œufs de poules élevées en cage (soit un espace individuel maximal de 25x24cm au sol, pour 18 poules au m2, soit une surface vitale égale à une feuille au format A4 pour chaque poule !)
2/ David L. Katz, Marian A. Evans, Haq Nawaz, Valentine Yanchou Njike, Wendy Chan,
Beth Patton Comerford, Martha L. Hoxley Egg consumption and endothelial function: a randomized controlled crossover trial. International Journal of Cardiology 99 (2005) 65–70.
3/ Lopez-Bote C.J., Arias R.S., Rey A.I., Castano A., Isabel B., Thos J. (1998) Effect of free-range feeding on n-3 fatty acid and alpha-tocopherol content and oxidative stability of eggs. Anim. Feed Sci. Technol. 72: 33-40.
4/
Simopoulos A.P., Salem N. Jr. (1992) Egg yolk as a source of long-chain polyunsaturated fatty acids in infant feeding. Am .J. Clin. Nutr. 55: 411-414.
5/ Current Opinion in Clinical Nutrition & Metabolic Care:
January 2006 - Volume 9 - Issue 1 - p 8-12
Ageing: biology and nutrition
Dietary cholesterol provided by eggs and plasma lipoproteins in healthy populations